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3 Questions à Christine Chognot

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Adjointe au Directeur Général, en charge de la mission Prospective de l’UNIOPSS

 
En décembre 2014, les journées nationales du CCAH aborderont le thème de « Prospective et handicap ». Pourriez-vous nous expliquer votre définition du terme « prospective » ?
 
On pourrait définir simplement la prospective comme une construction collective et interactive du futur ancré dans une volonté d’alternative. Pour nos travaux au sein de l’UNIOPSS, nous nous inspirons du courant humaniste incarné par Gaston Berger. A savoir une responsabilité collective de l’avenir. Le futur nous appartient, il nous faut l’imaginer dans ses différentes déclinaisons possibles et ne pas laisser les déterminismes se jouer seuls.
 
Vous avez publié dans la Revue Union Sociale de Janvier 2014, un article intitulé « Quelle place des associations dans la prospective », y-a-t-il des enjeux associatifs forts ?
 
Il existe actuellement une mobilisation autour de la prospective. Cette notion, une fois dédramatisée et démystifiée, redonne un souffle pour réengager des projets, les réinterroger, ou tout simplement leur prêter une oreille plus attentive.
 
Nous avons un conseil de prospective à l’UNIOPSS, qui remplit un rôle d’éclaireur, en se saisissant d’une problématique dans le débat public, dans le secteur social ou médico-social.
 
L’enjeu est de permettre un décodage, en sortant de l’idéologie et du dogmatisme, d’arriver à prendre de la hauteur, et à remonter le courant historique dans lequel s’inscrit le sujet étudié.
 
Il s’agit pour l’UNIOPSS d’une démarche démarrée il y a plus de dix ans, et qui a pris de l’essor depuis notre congrès de Lille de 2013. Nous avons à cette occasion engagé une démarche avec des acteurs de terrain qui eux-mêmes se sentaient intéressés par cette idée qu’on peut concevoir l’avenir non pas d’en haut, mais en partant des besoins ressentis sur le terrain, dans la pratique de l’action sociale. Avec l’apport d’universitaires, de personnalités qualifiées, et de nos réseaux régionaux en tant qu’« analyseurs » et organisateurs de la démarche, garants de la rigueur de la méthode.
 
Peut-on dire que l’évolution des politiques publiques vous a amené à amplifier cette démarche d’accompagnement à la prospective ?
 
Avant tout, c’est la gravité de la situation d’exclusion sociale qui nous pousse à ne pas rester dans l’inertie. Le resserrement des perspectives économiques, avec la perte de latitude dans les financements publics, mettent les budgets publics sous surveillance, lorsqu’ils ne diminuent pas.
La révision des modes d’intervention peut pallier à ces contraintes. C’est aussi ça le rôle politique des associations, avoir la volonté d’agir non pas forcément en application des politiques publiques mais agir pour répondre à une demande sociale. Et finalement quel que soit le contexte trouver des solutions même si le contexte se durcit financièrement.
 
J’ai eu la chance de rencontrer des groupes de prospective. Leurs moteurs ce sont les dirigeants d’associations, des acteurs qui y vont avec leur volonté de faire bouger les choses, de trouver quand même des issues. Très concrètement ces groupes de prospective se saisissent de sujets actuels : comment faire dans un quartier pour réduire le chômage des jeunes, ou comment mobilise-t-on toutes les capacités d’inclusion dans un bassin de vie…
 
Il ne s’agit pas d’y décortiquer les circulaires, ni même les processus de tarification administrative, l’enjeu est d’accompagner techniquement le processus et de redonner une possibilité à des responsables associatifs d’exprimer des volontés politiques fortes, dans des espaces dédiés.

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