Handicap psychique et empowerment,

Vers une prise de parole en santé mentale

La recherche intitulée « De la disqualification à la prise de parole en santé mentale » a pour but d’analyser les conditions qui permettent aux personnes handicapées psychiques de développer et renforcer leur capacité à s’exprimer dans un langage recevable et de questionner la capacité de l’environnement, tant institutionnel que social à entendre l’expression de ces personnes.

Ce cahier des Editions H fait le point sur le projet « De la disqua­lification à la prise de parole en santé mentale », ainsi que sur d’autres recherches relatives à l’empowerment et à la participation effective des personnes handicapées dans les processus de recherche.

A l’heure actuelle, les instances politiques et administratives souhaitent recueillir les avis des personnes handicapées dans les domaines qui les concernent dans le même temps où celles-ci revendiquent le mot d’ordre : « Rien pour nous sans nous ». Cependant, alors que cette idée fait consensus, de nombreux obs­tacles demeurent, qui mettent en échec la pleine participation des personnes en situation de handicap à la vie de la communauté nationale. Ceci est particulièrement vrai dans le champ du handicap psychique qui reste trop souvent un monde mystérieux pour les décideurs politiques qui ne savent pas encore bien cerner quelles sont les compensations possibles à mettre en œuvre.

Le défi de cette recherche est de s’appuyer sur les usagers en santé mentale eux-mêmes pour repérer ces obstacles et préconiser des bonnes pratiques permettant de les dépasser. Le porteur du projet est une association nationale d’usagers en santé mentale (Advocacy France). Les usagers en santé mentale ne sont pas des chercheurs. L’association a donc fait appel à Mme Isabelle Maillard, chercheure-coordina­trice, docteure en sociologie, spécialiste en santé mentale pour piloter le projet de recherche et accompagner les usagers-chercheurs pour qu’ils repèrent par eux-mêmes, les obstacles à une pleine citoyenneté et préconisent des bonnes pratiques permettant une réelle participation des personnes handicapées.